Ponce Bustos, Romeo


Noms de famille: Ponce Bustos

Prénoms: Romeo

Date de naissance: 1923/06/30

Noms des parents: Humberto et María Estedolia

Ville natale: Valparaíso

Place dans la famille: Dixième d'une fratrie de douze frères et soeurs

Religion: Croyant non-pratiquant

Scolarité: École primaire

Activité au Chili: Travailleur dans l'imprimerie du journal La Nación et électricien

Participation au Chili: Militant du parti MAPU Ouvrier et paysan (OC)

Situation de famille: Marié avec Gabriela de las Mercedes Venegas

Enfants: Sept enfants: Patricio, Gabriela, Iván, Gema, Rubén,  Jeanette et Marcelo

Petits-enfants: Dix, tous nés au Québec, tout comme ses seize petits-enfants

Résidence au Chili: Santiago, commune de San Miguel

Année d'arrivée au Québec: 1975

Activité au Québec: Service de ménage dans les écoles et concierge d'un édifice

Participation au Québec: Parti MAPU-OC, activités solidaires

Résidence au Québec: Montréal-Côte-des-Neiges, Longueuil, Montréal en coopérative

Retour au Chili: Non

Date du décès: 2019/05/25

Ville du décès: Montréal

Annexes:

Romeo Humberto Ponce Bustos  (1923-2019)

 

Par Gema Ponce

 

Romeo est né le 30 juin 1923 dans la commune de Quilpué, actuellement capitale de la province de Marga Marga, située dans la région de Valparaíso, au Chili. Il est le fils de don Humberto Ponce et de doña María Estedolia Bustos, qui ont eu 12 enfants : Humberto, Raúl, Augusto, Polo, Romeo, Gilberto, Yaya, Adriana, Olga, Julieta, Iris et Norma. Famille de musiciens, Romeo était le dixième d’une fratrie de douze enfants. Tous chantaient et/ou jouaient d’un instrument, violons, harpes, piano, guitares, etc.

En 1948, il a épousé Gabriela de las Mercedes Venegas Ortiz, et ensemble ils ont formé une grande famille de sept enfants. Ils s’installent dans le secteur de Nueva Sierra Bella, au 413 de la rue Pintor Ortiz de Zárate, dans la commune de San Miguel, région métropolitaine de Santiago. Là, Romeo a progressivement construit sa propre maison et, au fur et à mesure que ses enfants grandissaient, ils l’ont aidé. À la naissance de chaque enfant, une nouvelle chambre était construite.

Tandis que sa femme se consacrait aux tâches ménagères et à la garde des enfants, Romeo travaillait au journal La Nación dans les premiers temps, tout en effectuant des travaux d’électricité à la maison, ou des travaux supplémentaires, comme réparer des téléviseurs, des radios, des fers à repasser, peindre la maison… La famille était nombreuse et la vie devenait de plus en plus difficile.

Romeo était un homme engagé dans sa communauté et travaillait très dur au sein du conseil de quartier de Nueva Sierra Bella (San Miguel – Santiago), livrant de la nourriture, organisant des activités et répondant aux besoins immédiats des voisins. Le conseil de quartier, ainsi que les centres maternels, ont travaillé main dans la main pour améliorer les conditions de vie des familles de la ville.

Au fil du temps, Romeo a motivé ses enfants à faire de la musique, à chanter ou à jouer de la guitare et a corrigé leurs erreurs. À cette époque (1970-1973), il y avait une émission de télévision destinée aux familles qui chantaient. Romeo et sa femme ont commencé à préparer la famille avec quelques chansons traditionnelles pour pouvoir participer. Le prix à gagner était important et Romeo était persuadé qu’il ferait bonne figure avec sa famille.

Malheureusement, le 11 septembre 1973, tout a basculé : la tragédie la plus barbare qu’ait connue le Chili, l’attentat à la bombe contre le palais du gouvernement (La Moneda) à Santiago. Un coup d’État qui a conduit à la mise en place d’une junte militaire dirigée par Augusto Pinochet.  Dès lors, des violations systématiques des droits de l’homme ont été commises, des milliers de personnes ont disparu, des milliers ont été torturées, la liberté d’expression a été limitée, les partis politiques ont été supprimés et le Congrès national a été dissous. Des milliers et des milliers de Chiliens ont dû se réfugier dans d’autres pays. Il ne s’agit plus de nourrir la famille, mais de la protéger face à la barbarie.

En 1974. Romeo commence à chercher un moyen de quitter le Chili pour le Canada, réussissant à faire partir son fils aîné en 1974, puis sa fille aînée. Romeo a finalement pu émigrer au Canada en juillet 1975. En janvier 1976, près de six mois plus tard, Romeo a enfin retrouvé le reste de sa famille, sa femme et ses cinq jeunes enfants, et ils se sont installés à Montréal, au Québec.

Les temps furent meilleurs, mais pas faciles non plus. Ils ont dû s’habituer au climat, à une autre langue, à d’autres coutumes, mais avec la conviction profonde que leurs enfants auraient un avenir meilleur.

Romeo était militant du Mapu Ouvrier et paysan (MOC), bénévole au CLAM (Carrefour de Liaison et d’Aide Multiethnique) et à l’Hirondelle (Accueil et intégration des immigrants). Il a participé à de nombreux événements culturels et politiques avec la communauté chilienne et latino-américaine. Il était artisan de retables et d’autres objets d’artisanat chilien.  Il accompagnait ses enfants qui participaient aux différents groupes folkloriques de Montréal (Calicanto, Pintué, Rostros de América, Alborada, Hualpén et Thail-Mapu), c’était sa façon de les soutenir car ses enfants étaient très attachés au Chili et à l’Amérique latine.

Romeo a quitté cette vie le 24 mai 2019, après un cancer fulgurant, laissant derrière lui son épouse Gabriela, 7 enfants, 14 petits-enfants et 13 arrière-petits-enfants.